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a
suie mate du fusain ouvre une crevasse de sang noir
dans le blanc de la toile.
La matière pétrie, caressée,
arrachée, révèle la violence
rentrée. Les figures d'un rituel théâtral
grouillent dans l'ombre où le poignet nerveux
traque leurs mouvements furtifs.
La pâte blanche de l'huile ou de la gouache
capte la clarté tombante qui ruisselle sur
les corps pétrifiés comme une blessure
de lumière.
Le temps court dans les vaisseaux obscurs tracés
par le pinceau et n'en finit pas de revenir.
Captif.
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e
connais le travail de Natalie Balsan. Et je connais
Natalie. J’ai été présent
au moment où elle a décidé
de passer à l’acte... De se consacrer
à la peinture et d’en faire en quelque
sorte sa raison d’être.
C’est assez terrible d’assister aux
«débuts» de quelqu’un.
Mais ceux de Natalie étaient joyeux. N’ayant
pas le moindre doute sur son envie de s’exprimer
à travers la peinture, son parcours a été
très simple… Travailler tous les jours.
Organiser sa vie autour de ça… Esquisser,
dessiner, peindre des heures et des heures pour
maîtriser sa technique. Et puis, en quelques
minutes produire quelque chose dans laquelle on
ne voit que ce qu’elle aime. Ce qu’elle
ressent. Ce dont elle s’est complètement
approprié et qu’elle ne peut sûrement
pas vous communiquer autrement que par la peinture.
Des traits sûrs… gracieux et remplis
d’une énergie bien singulière…
J’aime ses formes abstraites, presque monochromes
mais si pleines de couleurs, si charnelles et si
attentives à ce que la chair a de plus beau
et de plus vulnérable… L’âme ?
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atalie
Balsan : une Femme peintre, une Femme au statut
de Femme, et dont l'œuvre libre et féconde
témoigne d'une grande sensibilité,
d'une forte et discrète sensualité
et d'un talent fou. Même si cette œuvre
originale est faite d'un cheminement aux multiples
périodes et influences qu'elle intègre
avec justesse, c'est aussi, et ce qui en fait toute
la richesse et l'intérêt, une vision
porteuse en sous-jacence d'approches inédites
aux subtiles résonances .
Elle aime peindre le corps humain dans sa nudité,
sa déchéance, ses tortures, sa souffrance,
et sa peinture dégage à la fois des
sentiments intenses et violents faits de tendresse,
de pudeur et de compassion, et aussi une conception
novatrice de l'anthropologie, la sexualité...
Dans ces dessins, ces esquisses, l'éclatement
des formes apporte une approche moderne et nouvelle
d'où les repères traditionnels et
enfermants sont dépassés.
L'harmonie aux palettes multiples sait allier la
noirceur, la dureté du destin et des espoirs
déchus (comme dans "La Chute d'Icare")
aux couleurs sombres et éclatantes de
la vie, comme dans "Belle de jour", où
le noir se mêle à la couleur, ainsi
que dans la rêverie et l'évasion de
ses somptueux couchers de soleil aux variations
infinies.
Une simplicité dense et touchante procurée
par les touches fugitives d'instants à saisir
sur le fond très obscur de la nuit, de la
mort, et simultanément des réminescences
multiples apportent une émotion forte, lumineuse
et réconfortante ; une douce "sensualité
de la lumière" comme dans Turner ou
Cézanne transpire de ces tableaux ; ces peintures
austères et flamboyantes évoquent
aussi la force tragique et intense du Greco et de
Goya mais avec un élairage neuf et une tonalité
toute personnelle qui touche au plus intime. L'éclairage
de Natalie Balsan : une peintre témoin de
notre temps, une création dans notre époque
; à découvrir absolument .
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| La
Chute d'Icare |
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