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Charles
Matton, plasticien et réalisateur
La
Lumière des étoiles mortes, Rembrandt,
nous parle d’Humbert Balsan.
Le ciel gris plomb donne à l’herbe un éclat
irréel d’émeraude. La Mercedes fait gicler
les graviers, s’immobilise. Humbert en jaillit, silhouette
alerte, sourire lumineux. A longues enjambées, il rejoint,
au milieu de la grande pelouse, le groupe maussade que nous formons
autour de la caméra emmitouflée de plastique. Avant
d’arriver jusqu’à nous il pointe un doigt
vers le ciel, désigne une minuscule déchirure dans
les nuages chargés de pluie, une toute petite trouée
d’azur et s’écrie : « Qu’est-ce
qu’on attend ? C’est le grand bleu ! » Le
groupe éclate de rire et soudain l’espoir efface
le découragement. C’était cela Humbert Balsan,
cette faculté de voir du bleu dans un ciel bouché,
de communiquer à une équipe, vitalité et
appétit de faire.
Comment dépeindre cette rage d’entreprendre qui était
la sienne ? Je suis un homme d’images, je ne sais
m’exprimer que par l’image, toutes celles que j’ai
de lui sont ensoleillées, gorgées d’énergie,
l’exact négatif de la fin qu’il a choisie ?
Humbert, paradoxe à jamais mystérieux, je te dis
merci d’avoir existé.
Ton ami, Charles.
Septembre 2007
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