Charles Matton, plasticien et réalisateur
La Lumière des étoiles mortes
, Rembrandt,
nous parle d’Humbert Balsan.

Le ciel gris plomb donne à l’herbe un éclat irréel d’émeraude. La Mercedes fait gicler les graviers, s’immobilise. Humbert en jaillit, silhouette alerte, sourire lumineux. A longues enjambées, il rejoint, au milieu de la grande pelouse, le groupe maussade que nous formons autour de la caméra emmitouflée de plastique. Avant d’arriver jusqu’à nous il pointe un doigt vers le ciel, désigne une minuscule déchirure dans les nuages chargés de pluie, une toute petite trouée d’azur et s’écrie : « Qu’est-ce qu’on attend ? C’est le grand bleu ! » Le groupe éclate de rire et soudain l’espoir efface le découragement. C’était cela Humbert Balsan, cette faculté de voir du bleu dans un ciel bouché, de communiquer à une équipe, vitalité et appétit de faire.
Comment dépeindre cette rage d’entreprendre qui était la sienne ? Je suis un homme d’images, je ne sais m’exprimer que par l’image, toutes celles que j’ai de lui sont ensoleillées, gorgées d’énergie, l’exact négatif de la fin qu’il a choisie ? Humbert, paradoxe à jamais mystérieux, je te dis merci d’avoir existé.

Ton ami, Charles.
Septembre 2007






© Cyrille Girard, Patrice Maurin-Berthier, Jean Balsan, Farida Piégay, Natalie Balsan, Anne Ottavi.
 
© Natalie Balsan 2008